Comment j’ai changé mon attitude envers les tâches domestiques

Tu vas me dire, c’est un peu cavalier de faire tout un discours sur le succès, le pouvoir et tout et tout, et de nous parler de tâches domestiques. Que nenni. Ranger ses affaires, c’est aussi l’occasion de travailler sur ses priorités. Et puis, ça fait partie de notre quotidien à nous, les êtres humains. Ranger et ordonner le même bordel qu’on a généré tous seuls comme des grands est de notre responsabilité.

Si tu me connais, tu sais que je suis une grande fan de Marie Kondo. Si tu es déjà venue chez moi, tu sais aussi qu’il ne s’est pas passé tout ce qu’il aurait dû se passer depuis la lecture (x2) du bouquin. Je me suis toujours rassurée en me disant que Marie Kondo n’avait pas d’enfant. J’ai paniqué quand j’ai appris qu’elle avait eu deux filles à un an d’intervalle. J’ai trouvé une autre explication: c’est parce qu’elle est Japonaise, ils ont ça dans le sang.

Et puis, au lieu de virer complètement raciste, j’ai décidé d’être indulgente. Pas envers Marie Kondo qui reçoit seulement jalousie et admiration de ma part. Non, indulgente envers moi-même. Mais ça m’a pris du temps.  

Car vois-tu, je suis désordonnée mais j’adore l’ordre. J’apprécie vraiment un espace peu encombré, clair et propre car j’ai l’impression que ça aide mon esprit à être clair. Autant dire qu’il y a du boulot, Martine. Je limite au maximum les merdouilles mais elles apparaissent à la maison, inlassables et persistantes, comme si j’avais un aimant pour les attirer. Le yang des chaussettes célibataires.

Alors, j’ai accusé mes enfants (d’être si matérialistes et de ne pas comprendre la joie du minimalisme), mon mari (d’y arriver, lui, à être ordonné et minimaliste), la société capitaliste (de favoriser la consommation facile à outrance), ma mère (de ne pas m’avoir inculqué l’importance de l’ordre), ma mère encore (pour son éducation sexiste puisque ma première réaction a été de l’accuser ELLE seulement et pas mon père aussi),  mon chien (de ne rien faire). Cétait devenu un combat.

Après je suis passée à l’action. J’ai commencé à plier les T-shirts et les collants comme s’ils étaient des êtres vivants… J’ai hurlé sur mes filles un matin parce qu’elles ont tout détruit en 2 secondes pour choisir leurs vêtements. J’ai tellement jeté qu’on a dû racheter des verres. Je rangeais le salon le soir pour descendre le matin, fraîche et reposée par ma nuit (…), dans un espace clair et où chaque chose était à sa place. Le soir même, je hurlais que vraiment, je n’étais pas soutenue dans ma démarche et que si vivre dans le bordel leur était complètement égal, et ben d’accord hein. Ils m’ont regardé et m’ont demandé si j’avais fini. C’était devenu une guerre.

Alors j’ai changé de tactique: complètement lâcher l’affaire. Be water my friend. Aller avec le bordel. Voir si ça se régule tout seul. Mais mon niveau de lâcher-prise doit pas être au top non plus parce que j’ai pas tenu. J’ai rangé. En râlant. En disant que ça ne pouvait pas continuer comme ça.

Blablabla.

Un jour, dans un moment d’interrogation intense et désespérée sur pourquoi j’accordais autant d’importance à tout ça, j’ai commencé à écrire. J’ai fini par avoir un tableau à 2 colonnes:

  • Trucs à faire à la maison qui me donnent de l’énergie
  • Trucs qui me vident.

Je te laisse deviner quelle colonne était la plus remplie.

Sur ma lancée créatrice pour me développer personnellement, j’ai continué à écrire. Qu’est-ce que je pourrais faire pour rééquilibrer la balance? J’ai invoqué encore une fois Marie (la Japonaise, pas l’autre). Mais c’était vain, je n’éprouvais aucune joie à plier du linge. Je me demandais ce qui n’allait pas chez moi. Je me sentais complètement looser (et encore, j’avais pas Instagram à ce moment-là, ça aurait pu être bien pire). J’étais en guerre contre moi-même.

Et puis, je me suis rendue à l’évidence: j’adore quand c’est nickel. Par contre, je ne prends aucun plaisir à réaliser le processus qui rend tout nickel.

#team feignasse.

Partant de ce constat-là, je me suis posée une question: qu’est-ce que je peux faire pour que ça ne soit pas trop le bordel sans mettre la pression à tout le monde (surtout pas à moi, soyons claires)?

  • Pour chaque point dans la colonne “qui me vide” , je me demande si c’est de ma responsabilité. Clairement, la chambre de mes filles ne l’est pas. Si ça me vide et que ce n’est pas de ma responsabilité, je respire/rigole/bois une bière/ hausse les épaules en toute désinvolture (du moins j’essaie).
  • Chaque point qui est de ma responsabilité passe ensuite le filtre des 3 questions clés: est-ce que ça doit vraiment être fait? Par moi? Maintenant? Si c’est non, je délègue ou je reporte.
  • Tout ce qui passe le filtre (pas grand chose) est noté dans mon agenda. Je le fais quand j’ai la notification. Je n’ai plus à réfléchir. Je le fais même dans la bonne humeur, en général. Je me suis même surprise à passer un bon moment en étendant le linge.
  • Je communique avant de m’énerver et de réagir.
  • Je fais le point régulièrement. La colonne “trucs qui me vident” est gourmande. Elle est vite en surpoids. C’est jamais gagné et je suis très vigilante.

Et surtout, j’adopte la philosophie du “Et puis merde, après tout c’est pas si grave” LE PLUS POSSIBLE. Je ne fais pas de concession sur ce qui a vraiment de l’importance. Le reste me glisse dessus comme de l’eau sur un canard. Si je meurs demain, je préférerais que ma dernière soirée ne fût pas le théâtre d’une engueulade à cause d’une histoire de culottes mal rangées.

Bref, c’est tout bête mais ça m’a vraiment été utile. C’est loin d’être parfait. Mais je ne mets plus la pression à personne, ni à moi ni aux autres. Et ça tourne, l’essentiel est fait. C’est bien ça le plus important non?

Sois le pigeon (voyageur) de mamapower: aide à diffuser le message <3
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